1er juin 2026

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LA QUESTION DES DESERTS MEDICAUX DANS LE RHÔNE

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LA QUESTION DES DESERTS MEDICAUX DANS LE RHÔNE

On pourrait penser que la Métropole de Lyon, avec ses 9600 professionnels participant à l’offre de premier recours de proximité, avec ses nombreux sites hospitaliers, ses équipements variés, est un territoire plutôt préservé des déserts médicaux.

A y regarder de plus près les choses sont très contrastées

Un manque de généralistes dont dépend tout le parcours de santé, et de chirurgiens dentistes affecte de nombreuses communes de la Métropole
Les 43 quartiers populaires, soit 13% de la population, cumulent l’insuffisance de l’offre de santé, les difficultés économiques, les freins à la mobilité, qui expliquent à la fois le non recours aux soins et une moindre prévention. Le taux de femmes ayant réalisé une mammographie dans ces secteurs était de 9% en 2021.

Le Nord ouest du département est en grande tension. Certaines communes rurales du Beaujolais vivent la difficulté d’accès aux médecins généralistes, l’éloignement des services d’urgence, l’absence de pharmacie de proximité.
Et la situation tend à se détériorer
Villefranche/Saône a vu son centre de santé dentaire fermer en décembre dernier
Au sud , Givors qui comptait 16 médecins pour 2000 habitants en 2007 n’en avait plus que 8 en 2022

Aussi bien en ville qu’à la campagne les médecins ne peuvent accepter de nouveaux patients . La moitié des personnes consultant aux urgences n’ont pas de médecin traitant.Les jeunes qui s’installent à Lyon ne trouvent pas de médecin

L’ accès aux spécialistes , notamment en gynécologie, en dermatologie, est encore plus difficile dans l’ensemble du Rhône y compris à Lyon. 20% des enfants sont dans un désert médical pédiatrique et pour 59, 6% des personnes, consulter un ophtalmologue respectant le tarif de la sécurité sociale relève de la gageure.
Les délais d’attente sont longs, 3 à 6 mois selon les cas

Cette difficulté à se soigner dans le Rhône , cette inégalité d’accès aux soins est une brèche dans le pacte républicain. Elle risque bien de s’aggraver par la croissance annuelle de La population dans la Métropole , par le vieillissement des habitants, par le départ à la retraite de 40% des médecins généralistes d’ici dix ans
La réponse à ce symptôme d’une dégradation plus large du service public ne peut être laissée aux seules logiques du marché.

Denise Bordes