16 octobre 2026

L’actualité de l’académie

Halte à la répression institutionnelle !

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Halte à la répression institutionnelle !

Pour le SNES-FSU, aucune violence n’est acceptable, qu’elle soit en direction des élèves ou des fonctionnaires.
La jeunesse se mobilise car elle désire plus que tout être écoutée et entendue à propos de son mal être, de sa souffrance, de sa peur de l’avenir, et de sa crainte pour la planète… ce qui n’a pas été fait jusqu’à maintenant.
Pour la gestion du mouvement lycéen, le gouvernement a choisi délibérément, et dès le début, de répondre par la force et la violence plutôt que par le dialogue (ou en mettant en place, comme toujours des simulacres de consultations démocratiques). Cela n’est pas surprenant puisque sur les deux quinquennats du président Macron, le maître mot à propos de la jeunesse a toujours été soit de la contraindre par peur, soit de l’embrigader et de la mettre au pas.

Il ne faut donc pas s’étonner que les jeunes subissent une violence institutionnelle à la fois de la part de l’École et de la police. En tant que personnels de l’Éducation, nous ne pouvons pas rester muetstes face à cette réalité.

Une répression administrative s’organise

Dans cette situation imposée aux personnels de l’éducation, le SNES-FSU rappelle avec force que notre mission est de former les jeunes avec comme objectif leur participation active à une société émancipatrice et solidaire.
Il importe de clarifier autant que faire se peut l’action de chacune dans ce moment de troubles importants.
Le lycée est un lieu à protéger de toutes les attaques (feux, mortiers, casses...) ou intrusions (fussent- elles à la demande des directions lorsqu’il s’agit de faire entrer la police). Dans ce climat de violence, il est nécessaire de se rappeler que les personnels doivent respecter leur statut de fonctionnaire.

https://www.snes.edu/ma-carriere/obligations-reglementaires/principes-generaux/

Certains chefs d’établissement (pas tous heureusement) sont tentés, devant l’abondance d’images, de demander aux personnels (AED, CPE, Professeurs…) de visionner les éléments en leur possession pour établir l’identité des jeunes suspectés d’avoir commis des délits durant des confrontations, et de transmettre ces informations aux forces de police. Nous rappelons avec force qu’en matière d’images dans (devant, autour) un EPLE, seul le chef a la possibilité d’agir (L’article L252-2 du Code de la sécurité intérieure qui porte sur la vidéoprotection ) et nous appelons toutes et tous les collègues à refuser à ce système de délation.

https://www.cnil.fr/fr/la-videoprotection

Nous demandons également aux personnels de ne pas se rendre complices de la répression administrative qui se met en place dans les établissements scolaires à l’initiative de certains chefs zélés, prompts à sanctionner à tout va (sanction inférieure à 8 jours) ou à instrumentaliser à outrance les conseils de disciplines.

https://www.snes.edu/article/une-repression-administrative-de-la-mobilisation-lyceenne/

Une autre gestion est possible

Au quotidien, les chefs d’établissements oscillent entre l’accueil des élèves afin qu’ils ne décrochent pas trop (cf. covid), le distanciel ou la fermeture, dictant ainsi l’action des personnels vis à vis des élèves. Pour tous les jeunes et pour les élèves de terminale en particulier, en raison de Parcoursup, la question des absences est un enjeu majeur.

Seules les absences lors des cours en présentiel peuvent être opposées aux élèves pour justification. Le motif « mobilisation lycéenne » est légitime pour ne pas pénaliser les élèves et nous devons lutter collectivement contre les décisions de certaines directions qui tendent à le rendre illégitime. En distanciel, contrairement à ce que certains chefs d’établissements affirment, l’appel ne peut pas être demandé aux professeurs : on ne peut pas pénaliser les élèves car trop d’aléas pèsent sur ce mode d’enseignement, et on ne peut pas se déclarer responsable d’élèves (c’est ce que signifie faire l’appel) à distance. Rappelons que la seule obligation pour les enseignantes est de remplir le cahier de textes. Dans le cas de fermeture, il n’y a pas de service non fait puisque c’est le chef qui prend la décision et donc interdit aux enseignants d’exercer leur métier. Il n’y pas non plus de rattrapage de cours imposé car le temps de travail des enseignants n’est pas annualisé et doit respecter leurs Obligation Réglementaires de service (ORS). Le volontariat prime à propos des heures non effectuées en cas de fermeture qu’il faudrait « remplacer » à la rentrée, tout en gardant en tête que la jeunesse proteste entre autres contre des emplois du temps déjà trop lourds..

Dans le second degré, on ne se déclare pas gréviste, la grève se constate sur le terrain.

Enfin, n’oublions pas que les revendications des lycéensnes font écho à celles des personnels de l’éducation qui doivent être également portées par la majorité d’entre nous et entendues notamment lors de la mobilisation du 05 novembre 2026.

Pour aller plus loin, l’article du SNES-FSU :
https://www.snes.edu/article/une-repression-administrative-de-la-mobilisation-lyceenne/