Jeudi 5 mars, nous avons rencontré M. Terret directeur de l’INSPE de Lyon.
Voici un compte-rendu de cette réunion.
La réforme des concours et de l’entrée dans le métier, à laquelle nous nous opposons, se met en place à cette première session 2026 dans la précipitation, le flou et le manque d’adhésion de nombreux intervenants. Retrouvez ici sa présentation : https://www.snes.edu/ma-carriere/concours-entree/concours/capes-capet-cpe-quels-concours-en-2026/.
Le manque de communication du Ministère et les nombreuses incertitudes sur sa mise en œuvre laisse l’ensemble des candidates aux concours dans le désarroi.
A notre échelle, nous avons donc souhaité rencontrer le directeur de l’INSPE de Lyon pour tenter d’obtenir les dernières informations et discuter des zones d’ombre persistantes.
Vous retrouverez ci-dessous la synthèse de nos échanges.
I. Concernant la carte et les parcours de formation
1) Les années de Master M1 et M2 MEEF seront ils maintenus l’année prochaine pour les étudiants déjà inscrits dans ces cursus ?
A la rentrée 2026, l’année de M1 MEEF fermera, toutefois les redoublants auront la possibilité de suivre les cours de 1ère année du master M2E, c’est une obligation juridique qui s’impose à l’université. Le M2 MEEF existera toujours pour la montée de cohorte actuellement étudiantes en M1 MEEF. Néanmoins, il y aurait un risque de mutualisation des enseignements dans des M2 MEEF disciplinaires différents.
2) Confirmez-vous l’ouverture des parcours M2E aux lauréats de concours BAC+3 transmis par le ministère ?
Ce qui a été transmis par le Ministère est officiel et donc mis en place : tous les parcours qui étaient proposés jusqu’à présent à Lyon le demeurent hormis le parcours NSI proposé à Grenoble essentiellement.
Une précision, tous les parcours de langues actuels seront proposés à Lyon avec une offre régionale (les étudiantes de Clermont Ferrand et Grenoble associées). Deux groupes d’anglais et un d’espagnol seront ouverts ainsi qu’un groupe en inter-langues : italien, allemand, arabe, chinois. Ces parcours inter-langues seront composés d’enseignements mutualisés en langues (Bloc 1 des maquettes) et d’enseignements en langue cible(UE spécifiques).
3) Un parcours M2E, sera-t-il ouvert aux non-lauréats BAC+3 et/ou BAC+5 ? Que sera-t-il proposé à ces étudiants ?
Comme actuellement, rien ne sera proposé de spécifique aux diplômés d’un Master non lauréat des concours Bac +5.
Les universités lyonnaises ont décidé de ne pas ouvrir de parcours spécifiques aux non lauréats des concours BAC+3, ils pourront poursuivre en Master disciplinaire autres. Elles vont en revanche proposer des « prépas concours » payantes certainement avec des UE mutualisées aux M2E (environ 1000 euros selon Mr Terret sans précision sur le volume d’heures). Sachant que pour les disciplines à faible diffusion, la question des seuils d’ouverture est encore à clarifier, rien n’est certain (seuil à 12 actuellement pour un Master). Nous dénonçons fermement ce manque d’obligation faite aux universités (avec financement dédié) de réfléchir à des alternatives permettant de maintenir le vivier de candidats. C’est la conséquence d’une réforme mal pensée, mal ficelée par un ministère sourd à nos alertes. Réussir du premier coup nos concours n’est pas la tendance générale. De très nombreux candidats vont être livrés à ces prépa onéreuses ou par manque de moyens se détourner de nos concours. C’est d’une autre réforme dont nous avons besoin.
4) Les contrats d’ECA et AED en préprofessionnalisation en Master 2 seront-ils encore proposés l’année prochaine pour les actuels inscrits en M1MEEF ?
Tous les dispositifs existants seront maintenus encore durant une année transitoire selon Mr Terret. Nous allons vérifier auprès du rectorat.
5) Les quatre sites de formation sont-ils maintenus (Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3 et Jean Monnet) avec les mêmes parcours proposés ?
Les 4 sites de formation existeront mais, comme aujourd’hui, ils ne proposeront pas tous les mêmes parcours de formation.
6) Les maquettes de formation de travail sont-elles bien les versions amendées à l’issue des concertations avec les élus en instances ?
Les maquettes de formation sont effectivement en travail avec les référentiels diffusés par le Ministère de l ‘Éducation Nationale à l’issue des concertations notamment en SES, pour les CPE et professeures documentaliste. A ce stade, elles sont finalisées à hauteur de 75 % et doivent être rendus pour le 12 mars avant remontée vers le ministère. Les IA IPR ont été associés pour chaque discipline avec plus ou moins de concertation/collaboration réussie.
7) Quelles sont les prévisions d’effectifs en M1 et M2 M2E pour la rentrée 2026 ?
Les prévisions d’effectifs en M1 et M2 M2E correspondront aux nombres de postes ouverts aux concours. Le Rectorat est encore en train de calibrer le nombre de besoins en supports de berceaux stagiaires avec le Ministère. Les effectifs ne seront fixés qu’au 14 juillet : les stagiaires risquent d’apprendre leur affectation lorsque les établissements seront fermés : le SNES-FSU de Lyon sera présent pour les informer et les aider à être accueilli par un représentant dans leur établissement.
8) Disposerez-vous de suffisamment de personnels recrutés pour les nouvelles maquettes M2E qui prévoient davantage de besoins en professeurs “de terrain”, passage de 33 % à 50 % (moins d’universitaires) ?
L’INSPE de Lyon va perdre jusqu’à 10 000 heures à la rentrée prochaine du fait de cette réforme, toutefois cela ne devrait pas entraîner de destructions d’emploi car les professeurs intervenant dans les parcours antérieurs devait absorber, en moyenne, l’équivalent de ce volume en heures complémentaires. Les besoins d’enseignement liés à ces nouvelles maquettes devraient donc être couverts par les personnels déjà affectés. Des recrutements de professeures en temps partagés ont également été réalisés en amont pour qu’ils participent à la construction des maquettes.
II. Concernant les critères d’affectation et d’évaluation de la formation
9) Comment sera composée la commission académique chargée de décider du parcours de formation des lauréats en fonction de leur parcours antérieur ? Quels seront les critères retenus (nationaux ? académiques ?)
Commission composée, a priori, de manière identique à aujourd’hui.
Nous alertons sur un angle mort, déjà problématique aujourd’hui : les stagiaires en renouvellement ou en prolongation doivent souvent, malgré leur négociation, suivre à nouveau l’entièreté de la formation. Dans le cadre d’un Master, avec des UE peut-être déjà validées, comment cela se passera-t-il ? Pas de réponse pour l’instant..
10) Pour les lauréats titulaires d’un M1 disciplinaire, confirmez-vous une affectation en M1 ME2 (avec engagement à servir) ? Et pour les lauréats titulaires d’un M1 MEEF, une affectation en M2 M2E (sans engagement à servir) ?
C’est ce que les textes officiels arrêtent en effet.
11) Quels seront les critères bloquants au passage des étudiants M1 en M2 M2E ?
Les étudiants redoubleront s’ils ne valident pas leur année de Master. Les modalités d’évaluation dépendent des universités, mais toutes les épreuves seront en contrôle continu. Des règles de compensation auront lieu à l’intérieur des blocs d’UE mais pas entre les blocs. Une compensation entre les semestres de chaque année de Master est prévue également. Les stages en M1 seront évalués en UE d’analyses de pratiques professionnelles dans chaque bloc. En M2, le stage en responsabilité sera évalué pour 20 crédits d’enseignements, non compensable.
