22 septembre 2020

Métiers - conditions de travail

Education prioritaire : quel avenir ?

Education prioritaire : quel avenir ?
1- Une nouvelle politique pour l’Education prioritaire ?

Le changement de gouvernement s’est accompagné de la création d’un secrétariat d’État auprès du ministre, chargé de l’éducation prioritaire.

Selon le décret du 14 août 2020, la secrétaire d’État « élabore et met en œuvre la politique d’éducation prioritaire et contribue, à ce titre, à la définition et à la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière d’égalité des chances et de lutte contre les discriminations ». À qui ce choix de mettre l’Éducation prioritaire (EP) sur le devant de la scène donne-t-il des gages ?

Le ministre est à ce jour resté muet sur le dossier.

La révision de la carte de l’Education prioritaire prévue pour la rentrée 2020 a été repoussée, au profit de la production du rapport Mathiot-Azéma, lequel penche vers la suppression des réseaux d’éducation prioritaire au motif qu’ils seraient à gérer avec les territoires ruraux, au niveau local. Ne resteraient labellisés et gérés au niveau national que les REP+, soit le tiers des 1 100 réseaux actuels. Les autres n’auraient plus de reconnaissance en terme de statut des personnels, et bénéficieraient de moyens octroyés selon l’allocation progressive en cours de généralisation dans les académies. Ainsi, les récents rapports de la cour des comptes, Azéma-Mathiot, Lafon-Roux, s’ils reconnaissent la nécessité d’avoir une politique d’EP, préconisent une politique d’EP à 2 vitesses qui ne serait plus nationale, en envisageant de déshabiller une partie des territoires d’EP.

Le label « Cité éducative » et ses corollaires, déréglementation et ingérence des collectivités territoriale, prendrait le relais pour certains REP.

Les cités éducatives

Côté lycées, le SNES-FSU continue de demander leur réintégration et la prolongation de la clause de sauvegarde, qui s’achève ce 31 août 2020.

Lors de la refondation de l’Éducation prioritaire en 2014, le gouvernement a refusé, en dépit des nombreuses demandes du SNES-FSU et de la mobilisation des personnels, d’intégrer les lycées dans la carte revue de l’Éducation prioritaire. Les interventions du SNES-FSU ont cependant permis la publication d’un décret instaurant une clause de sauvegarde de 4 ans, maintenant notamment les bonifications et le régime indemnitaire des personnels des lycées classés ZEP ou Eclair. Le SNES-FSU n’a cessé d’intervenir pour exiger que la refonte de l’éducation prioritaire intègre les lycées. Dans l’attente des discussions sur ce sujet, nous avons obtenu la prolongation d’un an de la clause, jusqu’à la fin de l’année scolaire 2019-2020.

et après ? Malgré les interventions répétées, en septembre 2020 : Confirmation à la lecture des fiches de paie du mois de septembre, la prime ZEP, une des éléments de la clause de sauvegarde a disparu ! Inacceptable.
Face à cette nouvelle provocation, réagissons, interpellons le Ministre et la secrétaire d’Etat à l’Education Prioritaire ! Le SNES-FSU remettra vos courriers lors d’une audience FSU avec la secrétaire d’Etat le lundi 12 octobre.

modèle de courrier : (ils sont en bas de l’article ici : https://www.snes.edu/agissons/educa... )


2- A nous de construire revendications et mobilisations !


Des Etats généraux pour l’avenir
Des Etats généraux pour l’avenir

Avec la FSU, le SNES lance cet automne dans l’¬académie et départements des états généraux de l’EP , conduisant à une journée nationale le 28 janvier 2021. Quels bilans et perspectives pour les REP et REP+ ? Quelles revendications pour les élèves et les personnels ? Il s’agit d’aborder à la fois enjeux pédagogiques, nouvelle cartographie et labellisation, responsabilité du pilotage et territorialisation, partenariats (familles, cités éducatives…), conditions de travail et d’apprentissages, reconnaissance de la spécificité d’enseigner en EP, collectif de travail…

Notre objectif est d’être force de propositions et de mobilisations pour poursuivre et renforcer la politique d’Éducation prioritaire (EP) . Au travers de bilans des politiques d’EP menées et de débats, nous nous fixons l’objectif de construire avec tous les personnels des propositions pour une école qui participe à la réduction des inégalités, à la réussite de toutes et tous.

Il ne peut y avoir de territoires abandonnés, ni d’élèves et de familles oubliés. Ce sera tout l’enjeu de la poursuite de la politique d’EP et de la révision de la cartographie nationale. Aux personnels engagés au quotidien d’intervenir pour construire l’école de demain.

  • Novembre  : première étape dans les départements : organisation d’HIS dans les trois départements de l’académie, dans chaque établissement, pour faire le bilan et tracer des perspectives pour l’Education prioritaire.

    Les militant.es dans chaque département sont là pour animer avec vous cette HIS (un mail à s3lyo@snes.edu / un appel : 04 78 58 03 33 pour s’organiser)

  • Janvier  : deuxième étape : journée nationale à Paris le 28 janvier 2021 consacrée aux « Etats généraux de l’Education prioritaire ».