Compte-rendu de l'audience AESH du 19/10 au rectorat.

Nous avons été reçus par :

  • M. Olivier Curnelle, Secrétaire Général de l’académie
  • Mme Florence Moz, directrice de l’école inclusive

Nous avons apporté avec nous des témoignages précis de situations d’AESH en difficulté dans leur métier, et avons témoigné nous-mêmes de la précarité de ce métier.

Des revendications nationales primordiales
Nos revendications d’ordre national sont toujours les mêmes : les AESH sont mal payés, leurs temps partiels imposés, et les PIAL, dispositif budgétaire permettant de mutualiser les AESH sur plusieurs établissements, aggravent la situation et doivent être supprimés. Les AESH ont un vrai manque de reconnaissance, lié à l’absence de statut et d’une rémunération digne de la mission qu’ils.elles accomplissent (les AESH de surcroît ne touchent pas la prime REP/REP+), ainsi qu’au manque de formation.
Cette situation déclenche une crise de recrutement au niveau national qui se ressent particulièrement dans notre académie : de nombreux postes d’AESH restent inoccupés : les démissions, nombreuses, ne parviennent pas à être compensées par les difficiles recrutements.
Pour la représentante des parents, la souffrance est réelle pour les enfants accompagnés en raison de la faiblesse de l’accompagnement et du manque de place en instituts médico-sociaux.

Pour le Secrétaire Général, certaines choses relèvent de l’organisation nationale, comme la prime REP+, et il fera remonter nos demandes au ministère. Mais pour lui, la situation actuelle, qui comprend les problèmes rencontrés depuis la mise en place des PIAL, est liée au nombre de notifications MDPH en hausse. M. Curnelle pointe aussi le fait que les personnels subissent un « turn-over important, et sont en renouvellement perpétuel ». De plus, pour le Secrétaire Général, de nombreux postes d’AESH ont été créés ces dernières années, ce qui représente une « charge » importante pour l’Éducation Nationale. Dans notre académie, ce sont 120 postes qui ont été crées, mais 150 qui se sont retrouvés vacants à la fin du mois de juillet pour cause de démissions. Le recteur a aussi diminué la taille de certains PIAL, en les réduisant au premier ou au second degré pour éviter les changements trop brutaux des AESH, qui pouvaient passer de l’école au collège du jour au lendemain.
Pour justifier le faible nombre d’accompagnement de quelques élèves (parfois accompagnés sur 1 à 3h par semaine), le Secrétaire Général nous répond que cela correspond aux textes de lois en vigueur…

Nous avons répondu que si le turn-over des AESH est si important c’est en raison de la grande précarité de ces personnels. Par ailleurs, les 120 postes crées sont insuffisants face à un nombre de notifications en hausse de 20%. Or, cette augmentation était prévisible, puisqu’elle est continue ces dernières années. L’administration aurait donc pu s’y préparer. Les PIAL , du reste, aggravent la situation. Les AESH ne sont pas une « charge », mais sont au contraire un bien précieux qui permettra aux élèves en situation de handicap d’être inclus. Ils sont essentiels à la politique d’inclusion tant vantée par les gouvernements successifs depuis plus d’une décennie, mais pour laquelle peu de moyens sont mis. Nous avons réclamé que de l’argent soit investi pour le futur des élèves, et pour les conditions de travail des AESH.

Dans notre académie : infantilisation et désinformation
Nous avons pointé que dans notre académie, une bonne partie de la formation de 60h se passe en visio, sans qu’aucun matériel informatique ne soit fourni aux AESH (rappelons que ces personnels n’ont pas forcément tous accès à une webcam ou à une connexion internet de qualité). De plus, lors de la formation, il est imposé aux AESH d’allumer leur webcam pour vérifier leur présence : infantilisation inadmissible pour nous, alors que cette formation se déroule sur leur temps libre, en plus de leurs heures de travail !
Enfin dans le Vadémécum à destination des personnels, nous avons pointé deux erreurs : la question des sorties scolaires, où y accompagner un élève notifié se ferait sur les heures connexes (alors qu’il s’agit bien d’heures d’accompagnement), et la grève, pour laquelle il estdemandé aux AESH de se signaler 48h à l’avance, au mépris des lois.

Sur tous ces points, le rectorat nous a répondu qu’il allait regarder la situation au plus près, et corriger les erreurs que nous avons pointées. Pour la formation, le Secrétaire Général nous précise que la visio était due au covid, et que la situation allait probablement être modifiée. Nous resterons donc vigilants.

Enfin, nous sommes intervenus sur quelques situations précises de chefs d’établissements qui ne respectent pas les missions ni le temps de travail des personnels. Mme Moz et M. Curnelle nous ont tous deux dit qu’ils allaient intervenir sur ces situations qu’ils reconnaissent comme inacceptables, et qu’il fallait que les personnels les préviennent, et fassent remonter ces situations : aucune pression ne sera faite sur les AESH et chaque situation sera traitée pour que les droits de tous soient respectés.
Nous incitons donc les personnels à signaler à la DSDEN ces situations inacceptables, mais à nous prévenir dans le même temps : le SNES-FSU est garant du respect de vos droits.

Et maintenant ?

Sur les questions académiques (aberrations du Vadémécum, formation en visio, abus des chefs d’établissement, etc.), nous avons été entendus par le Secrétaire Général, qui nous a précisé qu’il « nous écoutait attentivement, et portait beaucoup d’attention aux témoignages apportés, pour mieux les faire remonter. » Il nous faudra rester vigilant, afin de vérifier si cette parole est bien suivie d’actes.

Par ailleurs, nous n’avons pas de réponses sur les questions d’ordre national : la faiblesse de la nouvelle grille de revalorisation, seule mesure favorable, et qui est déjà rattrapée par le SMIC, montre que l’administration n’a pour l’instant pas l’intention de mettre des moyens supplémentaires pour l’inclusion.

Alors continuons de porter haut et fort nos revendications : c’est par les mobilisations collectives que nous obtiendrons davantage pour améliorer nos conditions de travail et la situation de nos élèves !