Suite à la mobilisation devant le rectorat pour le recrutement massif d’AED, nous avons été reçus en audience ce mercredi 14/10 à 15h par Mme De-Saint-Jean, Directrice des ressources humaines, et M. Bessueille, Conseiller Technique Etablissements et Vie scolaire auprès du Recteur.

Nous étions cinq à porter la voix des AED, deux représentants syndicaux (SNES-FSU et CGT Educ-action) et trois AED d’établissements de l’académie.

Nous avons demandé des choses que le SNES-FSU portait déjà avant la rentrée que le ministre n’a pas préparée et pour laquelle rien n’a été anticipé : à savoir un recrutement massif d’AED. Avec le coronavirus il était facile de prévoir en amont que des postes supplémentaires en vie scolaire allaient être nécessaires. Nous n’avions alors pas été écoutés. Le résultat en a été des surcharges de travail (pour contrôler le masque, faire respecter la distanciation sociale, etc.), des vies scolaires vidées de leurs personnels à cause de cas contacts.

Nous avons également indiqué que notre demande n’était pas que contextuelle, liée au covid, mais structurelle : depuis plusieurs années, la hausse démographique dans notre académie (la plus forte de la métropole) n’est compensée par aucun moyen en vie scolaire supplémentaire, et toutes les créations d’établissements se font par des redéploiements. Les AED présents sont intervenus pour dénoncer la transformation de fait de leur métier, réduit souvent, à cause du manque d’effectif, à un travail de « surveillance », le côté accompagnement des élèves se perdant par manque de temps et d’énergie.

Nous avons donc demandé :

  • un recrutement massif en AED, adapté aux besoins des établissements, en quantité minimale d’un AED pour 75 élèves, 50 élèves en zone difficile.
  • des moyens de remplacements spécifiques pour les vies scolaires
  • une sortie de la précarité pour permettre un recrutement plus facile de nouveaux AED, avec donc : la possibilité de vraiment faire coïncider travail et études
  • le paiement de la prime REP.

Concernant la prime REP, le rectorat renvoie toutes les discussions à un niveau national, et fait seulement remonter nos revendications : nous le faisons également via la voie syndicale.

M. Bessueille nous explique qu’en ce moment, « tout le monde doit faire des efforts », oubliant que des efforts, les AED en faisaient déjà beaucoup avant l’arrivée du virus. Mais partant de ce principe, <U<le rectorat a mis en place des moyens temporaires pour faire face à la crise du covid.

  • En plus des « équipes mobiles de sécurité » déployées dans les établissements où des AED ont été placés en congé maladie ou en ASA,
  • l’administration a créée un dispositif « Brigade de soutien vie scolaire », qui vise à recruter sur des contrats courts (jusqu’au 31/12, prolongeable au-delà selon la situation sanitaire) d’anciens AED ou de nouveaux personnels pour assurer le remplacement dans les établissements des AED manquants.
  • Par ailleurs, le rectorat nous a dit avoir donné l’autorisation aux chefs d’établissement d’effectuer des recrutements eux-mêmes pour ces contrats courts. Ils ont aussi l’autorisation de demander aux AED qui seraient volontaires d’augmenter leur quotité horaire hebdomadaire, pour effectuer le remplacement de leurs collègues.

Une fois de plus sont privilégiées des solutions à court-terme, et avec davantage de précarité, pour pallier à une situation qui n’est pas seulement dû au contexte actuel : la crise du covid ne fait qu’exacerber les tensions qui existaient déjà dans des vies scolaires surchargées de travail depuis des années.
Concernant le recrutement de personnels de manière temporaire pour pallier les absences liées au virus, c’est peut-être une solution pour les élèves, mais précaire pour les personnels, et insuffisante dans les faits : s’il est nécessaire de s’adapter au contexte actuel, nous doutons qu’envoyer des personnels non formés et qui ne connaissent pas les établissements y change quoique ce soit. Cela permet uniquement à l’administration de se satisfaire « qu’aucun établissement n’ait à fermer ». Nous avons demandé que ces moyens soient utilisés pour effectuer un recrutement pérenne d’AED sur tous les établissements en tension.

Concernant l’augmentation de la quotité horaire pour les AED volontaires, nous avons interpellé le rectorat sur ce que signifie le « volontariat » pour des personnels précaires, dont le renouvellement du contrat dépend souvent du bon vouloir du chef d’établissement.

Concernant le recrutement massif d’AED de manière pérenne, le rectorat nous répond par la négative, argumentant par le fait que l’enveloppe allouée par le ministère pour le recrutement d’AED est déjà entièrement utilisée, et que les moyens temporaires déployés ont pioché dans les dernières marges budgétaires du rectorat. Les seules modifications proposées seraient d’enlever des postes d’AED à des établissements qualifiés par l’administration de « sur-dotés », pour les donner à des établissements plus dans le besoin. Autrement dit : déshabiller Pierre pour habiller Paul ! Nous nous élevons contre cette proposition, et pour une augmentation nette du nombre de poste à un niveau académique. Nous demandons alors à ce que le rectorat intervienne au niveau du ministère pour demander l’augmentation de son enveloppe de moyens vie scolaire.

Grâce à la mobilisation présente, nous avons pu faire entendre la voix des AED, en souffrance depuis plusieurs années, souffrance exacerbée par le contexte sanitaire. Il faudra d’autres mobilisations pour faire entendre à nouveau nos voix. Alors continuons le combat, localement et nationalement, pour le recrutement massif d’AED !